Chapitre I : Généralités
32
concernés par ce premier impact sont les œufs, larves de poissons (ichtyoplancton), et
plancton temporaire (méroplancton) (Peterson et al., 2003, in Fattal, 2008).
Peu importent les volumes déversés, il suffit souvent de faibles quantités d’hydrocarbures
pour que des effets se fassent sentir. Ainsi, des œufs affectés par une pollution, subissent des
altérations chromosomiques et cellulaires à partir de 0,7µg/l de HAP (Fattal, 2008).
L’impact sur les communautés zooplanctoniques est moins évident car il est difficile de
distinguer des phénomènes anormaux d’une variabilité naturelle. Cette dernière est
intimement liée aux conditions écologiques comme le brassage ou la saisonnalité (Cedre,
2000).
Cet impact est variable selon les animaux planctoniques (Bodennec et al ; 1983 in Sellali,
1996):
Pour l’holoplancton (permanent), l’impact est moins important du fait se la reconstitution
rapide du stock par les espèces les plus résistantes.
Pour le méroplancton (temporaire), la destruction nécessite la coïncidence entre son
apparition dans le plancton (limitée à quelques jours) et la présence des hydrocarbures. Le
temps de génération plus long (6 à 12 mois) sera à l’origine d’un déficit d’au moins une classe
d’âge.
La pollution engendre moins de conséquences notamment avec le plancton à cycle de vie
court, car les pertes sont compensées par de forts taux de reproduction des survivants ou grâce
à des apports extérieurs. (Valera et al., 2005, in Fattal, 2008). Les algues benthiques
(phytobenthos) ont une faible sensibilité aux hydrocarbures, l’effet se traduit par l’engluage
ou la brulure des tissus dans le cas d’un contact direct avec le pétrole. Les conséquences
économiques sont alors importantes pour les espèces exploitées. Les effets à long terme sont
peu importants; en générale, une bonne restauration des champs d’algues est constatée
quelques temps après la disposition de la perturbation (Fattal, 2008).
Concernant le zoobenthos, c’est l’écosystème le plus fragile. Le pétrole peut détruire les
organismes benthiques par immobilisation, asphyxie, intoxication et narcose. Les espèces
sessiles sont les plus sensibles que les espèces douées d’une relative mobilité. En raison du
piégeage des hydrocarbures dans les sédiments, les mortalités sont plus fortes pour les
macrofaunes des substrats meubles que pour celles des substrats rocheux (Bondennec et al.,
1983 in Sellali, 1996).
III.6.2.2. Les bactéries
Certaines espèces peuvent proliférer à la faveur d’autres, inhibées par la présence des
hydrocarbures. Celles qui se développent sont les bactéries qui puisent généralement dans les
hydrocarbures, carbone et énergie. Enfin, dans quelques cas, des bactéries comme Vibrio
Précédent

Etat de la pollution par les hydrocarbures aromatiques polycycliques dans les eaux de la baie de Bou-Ismail - 33/80

Suivant