Introduction générale
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La zone côtière est un espace à la fois complexe et sensible. Elle est le fief de multiples
interactions naturelles et activités humaines. Les enjeux économiques, industriels ou autres
touristiques présents dans cet espace précieux sont considérés comme une arme à double
tranchant, ces activités ne cessent pas de rendre cette zone de plus en plus vulnérable. Cette
vulnérabilité est aggravée par les changements climatiques, notamment dans le pourtour
méditerranéen.
La zone côtière algérienne, qui se Situe dans la partie sud du bassin méditerranéen est davantage
vulnérable, parce qu’elle a toujours eu une évolution liée au climat et à sa variabilité (AGOUMI
A, 2003), et qu’elle est soumise à de multiples risques naturels. Cette région connait en effet une
grande variabilité spatiale et temporelle des précipitations, qui se traduit par des épisodes
fréquents de sécheresse, des inondations importantes (AGOUMI A, 2003), comme celles qu’a
connues Alger en 2001, qui ont fait un millier de victimes et d’importants dégâts matériels C’est
aussi une zone de grande activité sismique (un séisme de 3,5 sur l’échelle de Richter est
enregistré tous les deux mois et de risques de Tsunami, (LARARA et al., 2012) ; l’érosion prend
des proportions préoccupantes, surtout dans la partie Est de la côte., Les risques d’érosion et/ou
submersion marine sont très importants, la côte algéroise perdrait en moyenne 2.25 m/an). Parmi
les côtes les plus urbanisées en Algérie se trouve en premier lieu la zone côtière algéroise
notamment la baie d’Alger.
La côte algéroise étouffée par l’avancée du béton L’urbanisation est une autre menace pour les
côtes algériennes dont celle de l’Algérois. Selon M. GRIMES, « d’une manière globale, toutes
les communes ont connu une évolution de leur tissu urbain ». En 2013, la wilaya d’Alger est
urbanisée à 42%, alors que son linéaire côtier est à 70% et la zone de servitude n’est pas
épargnée avec un taux d’urbanisation dépassant les 60% pour les deux années (entre 2011 et
2013). Plusieurs communes sont à 100% urbanisées dont Bab El Oued, La Casbah, AlgerCentre, El Hamma et Hussein-Dey. Pour les cas de Reghaïa et Heuraoua, dont le linéaire côtier
reste encore vierge, ce taux ne dépasse pas les 40%. Les communes de Bab El Oued, Raïs
Hamidou et Bologhine sont des zones très artificialisées avec un taux de 70% de surface
urbanisée et un linéaire côtier occupé à 100%. Les communes de Aïn Benian, Bordj El Kiffan et
Bordj El Bahri subissent le même sort. Pour Aïn Taya et El Marsa, il est de 44% pour la
première et 42% pour la seconde. Zeralda est une commune moins urbanisée, soit 17% avec un
linéaire côtier à 15% urbanisé. Pour la conurbation (agglomération urbaine formée de plusieurs
villes qui se sont rejointes au cours de leur croissance, mais qui ont conservé leur statut
administratif), la loi 02-02 stipule que l’extension de deux agglomérations adjacentes situées sur
le littoral est interdite, à moins que la distance les séparant soit de 5 kilomètres au moins du
littoral. Or, aucune commune n’a respecté cette distance. Pire encore, « les routes, voies ferrées,
ports et aéroports ont été réalisés pour l’essentiel sur la frange du littoral souvent au détriment
des terres fertiles », signale M. GRIMES Ce qui a engendré « des pertes considérables générées
par le développement urbain et économique ». Conséquence des changements climatiques, des
nouvelles politiques ont été entreprises dans le but de protéger et conserver la zone côtière
algérienne, cette protection fait appel à des méthodes d’évaluation simple et efficace qui intègre
à la fois des indices individuelles et multi-échelles afin de déterminer le degré de la vulnérabilité
de milieu physique et humaine face à ces menaces (BALICA et al., 2012).
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