Chapitre III : Évolution spatiotemporelle des traits de côte Ain Taya
La vulnérabilité de la zone côtière Ain Taya face au changement climatique et action anthropique Page 31
CHAPITRE III - Évolution spatiotemporelle des traits de côte Ain Taya
III - 1 - Le trait de côte : un objet complexe
Une revue de la bibliographie existant sur le sujet montre que la définition d’un concept
apparemment simple comme le trait de côte, censé représenter la frontière linéaire entre les
domaines maritime et terrestre, est problématique et sujette à controverses en raison de la
grande diversité des critères d’identification. Ainsi, par exemple, Marc Robin (2002) a relevé
plus d’une douzaine de «traits de côte» tandis que Boak et Turner (2005) ont recensé 19
lignes génériques à partir de 45 indicateurs différents (rupture de pente, végétation côtière,
degré d’humectation de l’estran, niveau de marée conventionnel ou extrême, etc.). Cette
diversité d’indicateurs induit la recherche et la mise au point de nombreuses méthodes pour
détecter, extraire et suivre la mobilité du trait de côte. Ces approches méthodologiques
reposent sur la compilation et la comparaison de données acquises, soit sur le terrain par des
instruments de topométrie (niveau de chantier, théodolite, tachéomètre électronique, Lidar,
récepteur DGPS, etc.), soit en laboratoire par traitements numériques d’images aériennes et
satellitaires (Faye, 2010).
III - 2 - Érosion côtier et SIG :
Le recul du trait de côte n’est pas un phénomène récent Mais son ampleur s’est accrue au
cours des dernières décennies. Ce recul est notamment dû à la conjonction des facteurs
naturels et humains, qui peuvent prendre plusieurs formes et qui se généralisent actuellement
sur la plupart des rivages maritimes algériens.
Le trait de côte est généralement cartographié en mode d’implantation linéaire. Par
conséquent, les positions successives d’un trait de côte à différentes dates sont traduites
cartographiquement par le tracé d’une série de lignes géoréférencées pouvant, selon la
situation, se confondre ou se croiser. Sur des secteurs littoraux évoluant à faible vitesse ou
pour des suivis à haute fréquence temporelle, cette représentation n’est pas tout à fait
satisfaisante même utilisée à grande échelle. Il est, en effet, souvent difficile de respecter la
règle de sélectivité ou de séparation visuelle si les écarts provoqués par progradation ou
érosion du littoral sont trop faibles, malgré l’utilisation, à bon escient, des variables visuelles
«valeur» et «forme» pour différencier les traits de côte, le résultat est décevant en raison de
l’inadéquation entre l’échelle de représentation (trop petite) et l’évolution, parfois peu
marquée, du trait de côte. Nous verrons, que l’association de la variable «couleur» à la
variable «valeur» et «forme» permet d’améliorer le poids visuel de chaque trait de côte.
La difficulté de représenter les déplacements mineurs d’un trait de côte à des échelles de
représentation trop petites impose de compléter le modèle de représentation cartographique
classique par un modèle de représentation graphique afin de conserver l’intégrité de
l’information sur la cinématique (Faye, 2010 ; Faye et al. 2008). Cette proposition a pour
objectifs :
de localiser l’évolution du trait de côte (volet cartographique).
de mesurer et de représenter cette évolution par l’exploitation statistique des variations
de la position du trait de côte (volet graphique et statistique).
Sa réalisation est conditionnée pour chaque site, par la disponibilité de fonds de cartes
numériques suffisamment documentés (échelles, projections, sources, attributs des éléments
La vulnérabilité de la zone côtière Ain Taya face au changement climatique et action anthropique Page 31
CHAPITRE III - Évolution spatiotemporelle des traits de côte Ain Taya
III - 1 - Le trait de côte : un objet complexe
Une revue de la bibliographie existant sur le sujet montre que la définition d’un concept
apparemment simple comme le trait de côte, censé représenter la frontière linéaire entre les
domaines maritime et terrestre, est problématique et sujette à controverses en raison de la
grande diversité des critères d’identification. Ainsi, par exemple, Marc Robin (2002) a relevé
plus d’une douzaine de «traits de côte» tandis que Boak et Turner (2005) ont recensé 19
lignes génériques à partir de 45 indicateurs différents (rupture de pente, végétation côtière,
degré d’humectation de l’estran, niveau de marée conventionnel ou extrême, etc.). Cette
diversité d’indicateurs induit la recherche et la mise au point de nombreuses méthodes pour
détecter, extraire et suivre la mobilité du trait de côte. Ces approches méthodologiques
reposent sur la compilation et la comparaison de données acquises, soit sur le terrain par des
instruments de topométrie (niveau de chantier, théodolite, tachéomètre électronique, Lidar,
récepteur DGPS, etc.), soit en laboratoire par traitements numériques d’images aériennes et
satellitaires (Faye, 2010).
III - 2 - Érosion côtier et SIG :
Le recul du trait de côte n’est pas un phénomène récent Mais son ampleur s’est accrue au
cours des dernières décennies. Ce recul est notamment dû à la conjonction des facteurs
naturels et humains, qui peuvent prendre plusieurs formes et qui se généralisent actuellement
sur la plupart des rivages maritimes algériens.
Le trait de côte est généralement cartographié en mode d’implantation linéaire. Par
conséquent, les positions successives d’un trait de côte à différentes dates sont traduites
cartographiquement par le tracé d’une série de lignes géoréférencées pouvant, selon la
situation, se confondre ou se croiser. Sur des secteurs littoraux évoluant à faible vitesse ou
pour des suivis à haute fréquence temporelle, cette représentation n’est pas tout à fait
satisfaisante même utilisée à grande échelle. Il est, en effet, souvent difficile de respecter la
règle de sélectivité ou de séparation visuelle si les écarts provoqués par progradation ou
érosion du littoral sont trop faibles, malgré l’utilisation, à bon escient, des variables visuelles
«valeur» et «forme» pour différencier les traits de côte, le résultat est décevant en raison de
l’inadéquation entre l’échelle de représentation (trop petite) et l’évolution, parfois peu
marquée, du trait de côte. Nous verrons, que l’association de la variable «couleur» à la
variable «valeur» et «forme» permet d’améliorer le poids visuel de chaque trait de côte.
La difficulté de représenter les déplacements mineurs d’un trait de côte à des échelles de
représentation trop petites impose de compléter le modèle de représentation cartographique
classique par un modèle de représentation graphique afin de conserver l’intégrité de
l’information sur la cinématique (Faye, 2010 ; Faye et al. 2008). Cette proposition a pour
objectifs :
de localiser l’évolution du trait de côte (volet cartographique).
de mesurer et de représenter cette évolution par l’exploitation statistique des variations
de la position du trait de côte (volet graphique et statistique).
Sa réalisation est conditionnée pour chaque site, par la disponibilité de fonds de cartes
numériques suffisamment documentés (échelles, projections, sources, attributs des éléments
