Chapitre II : Analyse des variations historiques de la ligne
de côte du littoral de Cap Djinet
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Introduction :
La problématique d’érosion côtière ou le recul du trait de côte est devenue un enjeu
socioéconomique qui menace plus de la moitié des côtes à l’échelle du globe. La côte
algérienne, sur toute son étendue méditerranéenne, n’est pas à l’abri de ce phénomène, en
particulier la côte algéroise qui supporte une surcharge économique et urbanistique très
intense.
Le recul du trait de côte n'est pas un phénomène récent mais son ampleur s'est accrue au
cours des dernières décennies. Ce recul est notamment dû à l'érosion marine qui peut prendre
plusieurs formes et qui se généralise actuellement sur la plupart des rivages maritimes
algériens : les causes sont diverses et font généralement appel à la conjonction de facteurs
naturels et humains. Ses conséquences sont souvent difficiles à observer dans les conditions
dynamiques les plus habituelles, mais les tempêtes, en accélérant les processus érosifs de
manière spectaculaire et en mettant en péril des espaces urbanisés ou naturels viennent
régulièrement nous rappeler la fragilité de l'espace littoral.
L’analyse de la cinématique littorale requiert avant tout le choix d’un indicateur du trait de
côte, la mise au point d’une méthode d’extraction et de suivi adaptée au marqueur utilisé
selon le type de côte, le matériel et les données disponibles (FAYE, 2010).
Ces dernières décennies, de nombreuses approches ont été développées pour tenter prédire
l’évolution morphodynamique des plages sableuses, parmi elles nous abordons une approche
incluant les SIG et l’imagerie satellitaire. Nous avons appliqué cette démarche sur le Linéaire
côtier de Cap Djinet qui s’étale sur une période d’environ 11 ans, 2003 et 2014.
II.1. Echelle spatio-temporelle de l’évolution morphologique des systèmes côtiers :
En fonction de l’échelle de temps à laquelle il est étudié, le comportement morphodynamique
d’un système côtier peut être très variable. A chaque échelle de temps est associée une échelle
spatiale fonction de l’amplitude volumique des changements morphologiques mis en jeu.
Dans le cas d’un système côtier, l’existence d’une relation linéaire entre l’amplitude des
évolutions spatiales du système et l’échelle temporelle associée peut être supposée
(DEVRIEND, 1991 in DJOUDER et SMAOUN, 2011). Il découle de cette relation une
hiérarchisation spatio-temporelle des processus dynamiques qui contrôlent l’évolution de la
zone côtière (Figure n°23) (KROON, 1994, in DJOUDER et SMAOUN, 2011).
Selon la nomenclature de DEVRIEND, on peut en particulier distinguer les échelles
suivantes:
II.1.1. La micro-échelle ou échelle des processus : Qui concerne les processus physiques,
constitutifs de la houle, des courants ou du transport sédimentaire, et agissant à une échelle
plus courte que celle du comportement morphodynamique correspondant.
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