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Introduction générale
Le développement socioéconomique effréné que connait le monde d’aujourd’hui déséquilibre
de nombreux écosystèmes naturels et constitue une menace considérable à la diversité
biologique et écologique remarquable des zones marines et côtières à l’échelle globale. La
préservation de ce patrimoine exceptionnel est hautement cruciale pour le devenir humain.
Au niveau régional, il va de même pour les zones côtières méditerranéennes qui font face à
d’intenses activités humaines mettant en péril leurs écosystèmes uniques déjà sous haute
pression (Benoit et Comeau, 2005 ; Cuttelod et al., 2008 ; Gabrié et al., 2012 ; UNEP/MAP,
2012). La littoralisation du développement, la croissance démographique rapide, le
développement du tourisme (30 % des touristes internationaux), l’explosion du transport
maritime et la surpêche, avec 90 % des stocks de poissons déjà surexploités, constituent les
principales menaces sur le milieu (Piante et Ody, 2015). À ces activités, considérées comme
traditionnelles et qui vont, selon les estimations, poursuivre leur développement de manière
exponentielle au cours des 20 prochaines années, s’ajoute le développement d’activités plus
récentes telles que l’aquaculture, qui connait une progression de 8 % par an depuis quarante
ans, et l’exploration minière avec près 40 % du bassin méditerranéen déjà ouvert à l’exploration
ou faisant objet d’appel d’offres (Piante et Ody, 2015). Cette situation va mener à une
augmentation de la pression sur l’espace et générer des conflits d’usages créant ainsi de
nouveaux impacts sur un milieu déjà hautement convoité.
Face à cette situation et afin d’assurer un développement durable, réconciliant croissance
économique et gestion intégrée des ressources, plusieurs initiatives ont été mises en place à
l’échelle internationale et régionale. Nous citerons :
 La Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC), paradigme paru dans les années 70 avec
l’objectif de répondre au besoin de conserver durablement les zones marines et côtières
(Lefebvre, 2011 ; Peyron et Blanchard, 2011) ;
 La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) dont l’objectif 11 d'Aichi stipule « qu'au
moins 10% des zones marines soient comprises dans les AMP ou d'autres mesures de
gestion efficaces d'ici 2020 » (UNEP, 2010) ;
 Les Objectifs du Développement Durable ou les nouveaux objectifs mondiaux adoptés par
l’ONU en 2015 et inclus dans le Programme de développement durable à l'horizon 2030 ;
dont l’objectif 14 est spécifiquement dédié à la préservation et exploitation durable des
mers et océans (PNUD, 2015).
En Méditerranée, le Plan d'Action pour la Méditerranée (PAM) a été adopté en 1975 dans le
cadre du Programme des mers régionales du Programme des Nations Unies pour
l'Environnement. La “Convention de Barcelone” pour la protection de la mer Méditerranée
contre la pollution est considérée comme l’instrument juridique du PAM et la première
convention régionale. Elle a été adoptée le 16 février 1976 et entrée en vigueur le 12 février
1978. La Convention amendée le 10 juin 1995 est connue à présent sous le titre de “Convention
pour la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée”.
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