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La Méditerranée représente moins de 1% de la surface mondiale des océans mais possède des
valeurs écologiques et économiques très importantes. En effet, cette mer abrite entre 4% et 18%
de la biodiversité marine mondiale. De plus, l'industrie de la pêche, l'aquaculture, le transport
maritime ou encore le tourisme sont des sources majeures de revenus pour les pays côtiers. Pour
ces raisons, l’étude des impacts potentiels des rejets de matières plastiques et de leurs composés
toxiques comme le bisphénol A est particulièrement pertinente pour cette mer .une étude récente
d’échantillonnage effectuée par l'Université de Cadix a révélé qu'il y aurait actuellement entre
1000 et 3000 tonnes de déchets plastiques flottant sur la Méditerranée, avec en moyenne 1
déchet plastique tous les 4m². Des échantillonnages ont démontré qu'on retrouve principalement
des densités allant de 50 à 200 g/km² en Méditerranée. Certaines zones présentent toutefois des
concentrations bien plus élevées (900 à 2500g/km²) ou plus faibles (0 à 50g/km²). Mais 92 %
des échantillons montrent une concentration supérieure à 50g/km². Ces
Valeurs ont été obtenues par échantillonnage effectué sur les 25 premiers centimètres de surface
pour tenter de limiter les incertitudes liées aux vents (Cózar et al, 2015) In (Leclercq, 20142015).
De manière générale, des fortes concentrations ont plutôt été observées dans les zones à
proximité des centres de population, sans que l'on ne puisse cependant établir de corrélation
significative. Ces concentrations et ces densités avoisinent, voire dépassent, celles retrouvées
au niveau des gyres océaniques, faisant de cette mer une grande zone d'accumulation
supplémentaire de débris plastiques flottants à l'échelle mondiale (Cózar et al, 2015) In
(Leclercq, 2014-2015).
Des travaux de modélisation des régimes des vents et des courants marins ont démontré qu'en
Méditerranée, 90 % de ces déchets sont d'origine terrestre. Les 10 % restant proviendraient
notamment des apports de l'Atlantique par le détroit de Gibraltar. Le flux net d'eau à travers le
détroit de Gibraltar dans la couche d'eau de surface supérieure (10m) est estimé à environ 105
m³/s vers la Méditerranée. Dès lors, Cózar & al suggèrent qu'une partie de la pollution de
plastiques constatée en Méditerranée pourrait provenir de l'extérieur du bassin, où la
Méditerranée agirait comme un « puits » pour les plastiques de l'Atlantique. Cette hypothèse,
qui pourrait se vérifier par des analyses de flux entrées-sorties à travers le détroit n'est cependant
pas encore confirmée à l'heure actuelle (Verdier, 2014) .
D'autres études effectuées par l'association grecque HELMEPA (Hellenic Marine
Environnent Association) ont montré qu'en Méditerranée, 83 % des déchets observés sont en
Plastique (figure 4). En termes de tonnage, cette valeur est de 52 % car le plastique est en effet
Beaucoup plus léger par rapport au bois ou au métal (UNEP et l'Environnement, 2011) In
(Leclercq, 2014-2015).
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