19
7. EXPERIENCES MONDIALES SUR LES RECIFS ARTIFICIELS
Les aménagements côtiers sont largement répandus et traduisent le plus souvent de fortes pressions
anthropiques sous formes d'activités de pêche côtière, touristique et de pollution sur le littoral et le
milieu marin.
En 2001, Baine dénombra 36 pays ayant des expériences ou applications de récifs artificiels.
Globalement, l’utilisation des récifs artificiels par ces différents pays montre des disparités liées à
l’importance des volumes immergés, et à leurs objectifs.
D’après cet auteur, l’immersion de récifs artificiels est fortement corrélée à un contexte ou à une
conjoncture nationale particulière, ainsi qu’à la demande émanant d'acteurs professionnels du secteur
côtier.
7.1. L’EXPERIENCE JAPONAISE
Depuis le 17
ème siècle, les récifs artificiels existent au Japon. Cependant, c’est à partir des années 50
que le gouvernement a décidé de mettre en place de vastes programmes d'aménagements.
De ce fait, le Japon est devenu le leader mondial de l’aménagement en mer avec 12% de la côte
aménagée en récif artificiel (Bailly D. (1989), Baine M. (2001). C’est aussi le seul pays au monde
ayant stabilisé la production de sa pêche côtière à 1,5 millions de tonnes (Sene et Sane, (2008).
La véritable originalité du Japon est l’intégration de la pêche et de l’aquaculture dans la conception
d’un projet global de gestion de la bande côtière en vue d’augmenter les productions marines en
favorisant la productivité du milieu naturel côtier (Mariojouls, (2004).
A la question " quel est l'effet des récifs artificiels sur les écosystèmes, le National Coastal Fisherie
Development Associationn (NCFDA) répond : " Un récif artificiel, c'est comme de l'engrais sur de la
terre, ça renforce et ça régularise les productions ". Rebufat en (2006), considère que c’est une
réponse d'une simplicité telle qu'il est difficile de douter du choix japonais.
Pour Sene et Sane, (2008), cette artificialisation extrême de la bande côtière japonaise est un choix
politique délibéré dicté par une nécessité à la fois économique et socioculturelle pour ce pays
résolument tourné vers l'exploitation des ressources marines. Il est certain que l'expérience japonaise
est difficilement transportable vers d'autres pays car, au Japon, la zone côtière appartient aux pêcheurs
et à eux seuls (il n'existe pas de domaine public maritime).
Précédent

Les récifs artificiels - 27/49

Suivant