Chapitre I
Généralités
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la conséquence de la pollution par l’hyperfertilisation et la désoxygénation du mileu, (stirn,
1988, p.164).
Effectivement comme l’indique Frontier et Pichod-Viale (1993), « une trop forte
accumulation locale de biomasse n’est jamais viable. Quand elle se produit, le milieu est
rapidement épuisé à la fois en oxygène et en matière nutritive minérale, de sorte que la
biomasse accumulée meurt et ne tarde pas à se décomposer, utilisant le peu d’oxygène qui
reste dans le milieu. Ce déséquilibre est connu sous le nom d’eutrophisation, mais on devrait
en fait le nommer hypertrophisation ou dystrophisation car il s’agit d’une désorganisation des
flux de matière/énergie due à un blocage accidentel trop important de la biomasse. »
Quoique, certains effets particuliers des plans d’eau dépendent des conditions climatiques,
limnologiques ou océanographiques et d’autres conditions (chapitre 5), les symptômes et
manifestations de l’eutrophisation sont semblables pour toutes sortes d’eaux douces ou
marines, Dans les eaux peu profondes, la croissance des macrophytes peut (mais pas
nécessairement) être prédominante sur le phytoplancton. Dans les régions d’eaux chaudes
(tropicales et subtropicales), les manifestations peuvent être plus sévères (Meybeck et al,
1989)
I.7.1. La Méditerranée et l’eutrophisation
La mer Méditerranée est l’une des mers dont le littoral est le plus aménagé et le plus peuplé.
Profonde quasiment sans marée, cette mer est entièrement cernée de terres, à l’exception d’un
passage étroit vers l’Atlantique Nord par le détroit de Gibraltar, d’un autre vers la mer noire
par le Bosphore et enfin du passage artificiel vers la mer Rouge que constitue le canal de
Suez. Les eaux de la Méditerranée se rénovent très lentement : leur renouvellement total
demande soixante-dix ans. Ces caractéristique, alliées à une population très dense sur les côtes
de certains pays, rend la Méditerranée extrêmement sensible à la pollution (OCDE, 1991).
Ainsi, la forte population locale (350 millions habitants) et les quelque 100 millions de
touristes qui affluent sur la cote chaque été ne font qu’augmenter les rejets déjà importants
d’eaux usées. Le tourisme et d’autres activités socio-économiques ont également encouragés
l’aménagement des côtes, qui est à l’origine d’un important remodelage du rivage. Les
rivières comme le Po, l’Ebre et le Rhône qui drainent des zones fortement industrialisées
constituent également une source importante de pollution. Ces pressions sont plus fortes au
nord, en particulier les longues côtes espagnoles, françaises et italiennes.
Les effets de ces pressions se manifestent dans bien des régions de la cote. Dans certaines
parties du nord de l’Adriatique en bordure des côtes italiennes, les proliférations d’algues se
sont multipliées ces dernières années, mettant en péril les vacanciers et portant atteinte à la
faune marines. Dans des zones ou l’eau se renouvelle moins rapidement ou qui sont semifermées : lagune de Tunis, lagune de Venise, baie d’Eleusis en Grèce, étangs côtiers tel, en
France, celui de Leucate (Boutière et al, 1982), les fortes quantités d’éléments nutritifs
déchargées dans la mer par les réseaux d’assainissement ou par les rivières ont créé des des
conditions proches de l’eutrophisation (Lacaze, 1993).
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