Chapitre III
Qualification de la zone côtière
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Conclusion
À l’échelle régionale et nationale, le site présente une forte représentativité, notamment en
raison de la diversité des habitats humides et côtiers. A l’échelle internationale, le site est
représentatif pour l’accueil d’espèces d’oiseaux mondialement menacées. Le site, et tout
particulièrement les milieux aquatiques qu’il abrite, sont particulièrement fragiles. Les
milieux humides présents sur le site sont soit disparus (cas du marais en aval du lac) soit dans
un état de forte dégradation en raison de la pollution et de la gestion des niveaux d'eau (cas du
lac et de ses bordures). A un degré moindre, les autres écosystèmes sont également fragiles,
en raison des risques d’incendie (pour le maquis), des problèmes d’érosion des sols, de
piétinement (cas des dunes) et de surpâturage. Cette fragilité est liée à l’augmentation des
pressions anthropiques. Réghaïa est la dernière zones humides de la Mitidja ayant subsisté
après les opérations d’assèchement durant l’époque coloniale. Elle est également considérée
comme la dernière zone humide de la Willaya d’Alger. Malgré les dégradations, elle continue
à accueillir trois espèces d’oiseaux d’eau mondialement menacées (sur un total de dix
inventoriés en Algérie) : la Sarcelle marbrée, le Fuligule nyroca et l’Erismature à tête blanche.
Réghaïa est le dernier site dans la région d’Alger et l'un des rares en Algérie à accueillir ces
trois espèces. Leur présence confère donc aux autorités algériennes une responsabilité forte
sur le plan mondial. Compte tenu des aménagements (transformation de l’oued en lac de
barrage, drainage et mise en culture du marais des marais, plantations d’eucalyptus…), on
constate que le territoire du projet de Réserve Naturelle a perdu une partie de sa naturalité.
Les écosystèmes présentant encore une naturalité forte sont les maquis, les dunes et le milieu
marin (île Agueli comprise). La persistance de milieux naturels est remarquable dans le
contexte de l’Algérois et du développement urbain de la région. Bien que dégradé par les
aménagements et les aléas climatiques (sécheresse), Le site de Réghaïa retient encore les
caractéristiques d’une zone humide côtière avec une succession d’habitats allant du marin au
dulçaquicole en passant par l’estuarien. Avec une superficie totale de 1000 ha (dont la moitié
est marine), le territoire du projet de classement en réserve naturelle est peu étendu. En
conséquence de cette faible superficie totale, et de la mosaïque d’habitats présents, la plupart
des habitats couvrent une superficie réduite. Cette faible superficie peut être limitante pour la
survie à long terme de certaines espèces (ex : Porc-épic). Malgré cette faible taille et son
isolement, le site continue cependant à supporter un grand nombre d’espèces animales et
végétales. Cela laisse suggérer que la taille du site n’est pas un élément discriminant pour le
maintien d’écosystèmes viables, à condition que des mesures soient prises pour réduire, voire
éliminer les nombreuses causes de dégradation du site. Très peu d’habitats sont stables, dans
la mesure où la plupart d'entre eux se trouvent en transition vers un état de forte à très forte
dégradation. Le marais en aval du lac, encore très riche en sauvagine au début des années
1980, peut être considéré aujourd’hui comme disparu (mais il peut être restauré). Les
roselières du lac ont considérablement régressé, notamment en raison des niveaux d'eau trop
élevés et de l’exploitation du roseau par la coupe et le pâturage. Sans action pour inverser ces
tendances, le site est condamné à perdre entièrement sa viabilité pour l’accueil de la faune et à
perdre également plusieurs fonctions importantes telles que la production de biomasse
végétale et l’épuration des eaux. La réduction ou l’élimination de la pollution des eaux au
niveau du lac améliorerait la qualité des milieux aquatiques et du milieu marin. Elle
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Contribution méthodologique au bilan-diagnostic du \" plan GIZC de Réghaia \" - 52/78

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