Introduction
La zone côtière est un lieu particulièrement fragile et sensible. En effet, elle apparaît de plus en plus
menacée, aussi bien d'un point de vue global (modifications climatiques) qu'à l'échelle régionale
(altérations anthropiques). Il s’agit d’une évolution d’une variabilité importante de phénomènes physicochimiques et biologiques qui s’y manifestent. Cette diversité naturelle résulte des fluctuations des
mécanismes d’apports des nutriments et des climats avec un important nombre de combinaison simultanées
de l’hydrodynamisme des masses d’eau (courants, houles, vagues…),
Il semble que toute tendance relevée dans la concentration d’un polluant majeur soit liée avant tout aux
activités humaines puisque les variations dues aux processus naturels ont plus ou moins atteint un état
d’équilibre (PNUD, 1995).
L’influence du milieu continental dépend de la quantité et de la qualité de ses apports. Celles ci sont
elles mêmes, en relation directe avec les conditions naturelles et anthropiques des bassins versants
de la frange littorale. La connaissance et le suivi de l'environnement côtier apparaissent comme une
priorité pour la préservation du milieu marin et ses ressources.
L’approche méthodologique adoptée s’articule autour de l’étude de l’évolution spatio-temporelle de
l’environnement climatique et l’analyse de l’impact des actions de développement sur le littoral occidental
algérien, sur la base d’indicateurs d’occupation et d’utilisation du milieu.
Dans la présente étude, l’accent est mis sur les eaux de la baie de Bou Ismail où l’altération de la
qualité des eaux marines côtière est la plus perceptible. Cette zone marine constitue, en effet, le
réceptacle de plusieurs sources de pollution issues de l’une des plus grandes unités urbaines et
industrielles côtières du pays.
A ce titre, cette zone a déjà fait l’objet de plusieurs études pluridisciplinaires. En effet, ce type de
surveillance a déjà été pratiqué par (Boulahdid et al, 2005) dans le cadre du suivi de la pollution du
littoral algérois, au niveau de la partie Est de la baie. Ce suivi comporte plusieurs campagnes,
durant cinq périodes différentes (Février 2003, Décembre 2003, Février 2004, Mai 2004 et enfin
Juillet 2004).
D’autres travaux ayant le même objectif, ont été réalisés en 1997 et en 2010, au niveau de la baie de
Bou Ismail par divers auteurs (Brahmia et al, 1997), (Djerad, 2010)…Etc.
Les résultats obtenus en 2005 montrent que la zone est soumise à des apports d’eaux continentales,
en particulier les apports de l’oued Mazafran, marquant une dessalure plus ou moins importante des
eaux superficielles, observées selon la période de l'année en face de l’embouchure de cet estuaire
(Boulahdid et al, 2005). De plus, ces apports participent à l'enrichissement des eaux littorales en
sels nutritifs. Cet enrichissement surtout en phosphate au niveau de la partie Est de la baie, cause
une dégradation de la qualité chimique des eaux de la baie, en faisant diminuer le rapport de
Redfield (Amrouche Walid et Khechni Adel, 2012).
La distribution des paramètres physicochimiques, des sels nutritifs et le rapport N/P, trouve que la
baie est subdivisée en deux zones distinctes : Est et Ouest (Rouibah et al, 2007).
Il paraît intéressant de faire aujourd'hui la synthèse des résultats acquis depuis 2003 et voir ainsi
comment la situation a évolué depuis le dernier état des lieux présenté.
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