RESUME
Ce travail a pour objectif l’évaluation de la prévalence de la résistance bactérienne aux
antibiotiques et l’influence des apports anthropiques dans cinq plages du littoral Algérois.
Les taux de résistance de la flore totale ont été significatifs pour l’amoxicilline et la
ticarcilline, alors qu’ils sont relativement bas pour la ceftazidime, la céfotaxime et
l’imipénème. Le niveau de résistance est remarquable dans les plages recevant des apports
anthropiques (amoxicilline, 52.2% et 43.1% ; ticarcilline, 47.7% et 19.6% ; céfotaxime, 2.8%
et 8.3%) que dans les plages non polluées (amoxicilline, 9.4% et 1.15% ; ticarcilline, 7.6% et
0.8% ; céfotaxime, 0.1% et 0.6%).
Chez les coliformes totaux, des taux élevés de résistance ont été retrouvés, vis-à-vis de
l’amoxicilline (20.7%, 8.3%, 16.2% et 43.2%) et de la ticarcilline (10.3%, 10.4%, 13.5% et
40.9%). Une résistance à la céfotaxime et l’imipénème est observée avec 8.3% et 0.4% à
Réghaia.
L’identification biochimique des 59 souches résistantes à au moins un des antibiotiques
majeurs, imipénème, céfotaxime, céfoxitine et ceftazidime, a permis de les assigner aux
espèces : Pseudomonas aeruginosa (n=23), Pseudomonas fluorescens (n=10),
Stenotrophomonas maltophilia (n=6), Burkholderia cepacia (n=3), Bordetella spp (n=3),
Aeromonas hydrophila, Chrysiomonas luteola, Ochrobactrum anthropii, Acinetobacter
baumanii, Pontoea spp (n=2), E.coli, Enterobacter cloacae, Citrobacter freundii et Shigella
spp.
L’étude de leur antibiorésistance a montré une résistance marquée aux béta-lactamines à
savoir : les pénicillines (amoxicilline, 86.4% et ticarcilline, 84.7%), la céfoxitine (93.2%) et
les céphalosporines de troisième génération (céfotaxime, 84.7% ; céftriaxone, 84.7% et
cefsulodine, 81.3%). La résistance à la ceftazidime, l’aztréonam et céfépime a été moyenne
(54.2%, 66% et 39%, respectivement), alors que celle vis-à-vis l’imipénème a été moins
importante (25.4%).
Concernant les non béta-lactamines, une résistance élevée a été observée vis-à-vis de l’acide
nalidixique (84.7%) et le triméthoprime (79.6%) suivis du chloramphénicol (54.2%),
tétracycline (44%), triméthoprime+sulfamides (28.8%), et sulfamides (22%). Une très faible
résistance a été observée vis-à-vis des aminoglycosides (K, GM), la ciprofloxacine et la
rifampicine (4%, 10% et 15.2%, respectivement).
La production des céphalosporinases chromosomiques AmpC inductibles a été observée chez
32.2% des souches. La synthèse de béta-lactamase à spectre élargi, a été retrouvée chez
seulement une souche d’E.coli sélectionnée sur céfotaxime. La caractérisation génétique de
cette enzyme a révélé la présence du gène CTX-M du groupe 1 porté par un plasmide
autotransférable d’environ 50Kb.
Mots clés : BLSE - résistance - béta-lactamines - plage - flore totale - coliformes totaux.
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