Chapitre III
Application du modèle wavewatch III
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III.3.2. Te nda nce s à long- te rme
Pour chaque nœud du maillage, une régression linéaire a été effectuée sur les moyennes
hivernales de la période 1953-2009 afin d’étudier les tendances à long terme (figure III.4).
Compte tenu des erreurs associées au modèle présentées dans le tableau III.1, seules les
tendances significatives sont décrites dans ce paragraphe. Ainsi, sur la période 1953- 2009, les
Hs augmentent significativement sur l’ensemble de la zone, avec des valeurs atteignant + 0.6
m au large de la Cornouaille Anglaise (soit + 0.01 m an-1). Sur la même période, les directions
moyennes ne présentent pas de tendances significatives, excepté le long des côtes anglaises de
la Manche, où elles subissent une rotation horaire atteignant localement 10°. Enfin les Tp
augmentent sur l’ensemble de la zone, avec un maximum au sud-ouest du Golfe de Gascogne
où cette augmentation atteint 1 s sur la période 1953-2009.
III.4. Discussion
III.4.1. Co rré lat io n ave c l’os cilla tio n No rd- Atla ntique
L’Oscillation Nord Atlantique (NAO) a été décrite en détail par HURREL (1995) et l’indice
qui la caractérise est basé sur la différence entre les moyennes mensuelles de la pression
atmosphérique normalisée à Reykjavik (Islande) et à Ponta Delgada (Açores, Portugal). Un
indice positif (NAO+) correspond à une situation où un anticyclone puissant est centré sur les
Açores et où des dépressions creuses circulent d’ouest en est au niveau de l’Islande. A
l’inverse, un indice négatif (NAO-) correspond à un anticyclone faible et des dépressions
moins creuses et dont la trajectoire est plus variable. Plusieurs auteurs ont déjà montré que la
variabilité en Hs dans l’Atlantique Nord était contrôlée par l’oscillation Nord Atlantique
(NAO) (BACON & CARTER, 1993 ; BAUER, 2001 ; DODET et al., 2010). Afin de vérifier
cette hypothèse dans le Golfe de Gascogne et de l’étendre à d’autres paramètres,
les coefficients de corrélation entre les moyennes hivernales des paramètres des vagues et
celles de l’indice NAO (HURREL, 1995) ont été calculés (figure III.5). Les Hs sont
moyennement corrélées avec l’indice NAO dans le Golfe de Gascogne, avec des valeurs de
l’ordre de 0.3 à 0.4. Des valeurs plus élevées (0.6) sont observées le long des côtes nord de
Bretagne et de Cornouaille.
Les directions sont faiblement corrélées avec l’indice NAO dans le Golfe de Gascogne mais
présentent une corrélation positive le long des côtes sud de Cornouaille et une corrélation
négative le long des côtes nord-Bretonnes et Normandes et le long de la côte nord de
Cornouaille. Enfin les périodes de pic présentent une corrélation significative avec l’indice
NAO sur l’ensemble de la zone. Les situations de type NAO + sont associées à de forts
gradients de pression atmosphérique qui génèrent de forts vents d’ouest à sud-ouest aux
latitudes élevées de l’Atlantique Nord. Ces forts vents d’ouest génèrent des houles plus fortes
et plus longues, ce qui explique les corrélations positives observées pour Hs et Tp.
Conformément aux résultats de DODET et al. (2010), les directions moyennes de la houle
sont peu corrélées avec l’indice NAO dans le Golfe de Gascogne. Cette étude à plus haute
résolution permet par contre de mettre en évidence deux zones de corrélation négatives le
long des côtes sud de la Manche et le long de la côte nord de Cornouaille et une zone de
corrélation positive au niveau de la côte sud de Cornouaille. La carte des directions moyennes
(figure III.4) montre que les houles effectuent une réfraction aux abords de la Manche, qui
induit une rotation horaire (de 270°N vers 300°N) au niveau des littoraux orientés au nord et
antihoraire (de 270°N vers 230°N) au niveau de ceux orientés au sud. Nous proposons que la
corrélation négative entre l’indice NAO et la direction moyenne des vagues observée au
niveau des littoraux orientés au nord traduise une dominance des mers de vent d’ouest à sud-
Application du modèle wavewatch III
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III.3.2. Te nda nce s à long- te rme
Pour chaque nœud du maillage, une régression linéaire a été effectuée sur les moyennes
hivernales de la période 1953-2009 afin d’étudier les tendances à long terme (figure III.4).
Compte tenu des erreurs associées au modèle présentées dans le tableau III.1, seules les
tendances significatives sont décrites dans ce paragraphe. Ainsi, sur la période 1953- 2009, les
Hs augmentent significativement sur l’ensemble de la zone, avec des valeurs atteignant + 0.6
m au large de la Cornouaille Anglaise (soit + 0.01 m an-1). Sur la même période, les directions
moyennes ne présentent pas de tendances significatives, excepté le long des côtes anglaises de
la Manche, où elles subissent une rotation horaire atteignant localement 10°. Enfin les Tp
augmentent sur l’ensemble de la zone, avec un maximum au sud-ouest du Golfe de Gascogne
où cette augmentation atteint 1 s sur la période 1953-2009.
III.4. Discussion
III.4.1. Co rré lat io n ave c l’os cilla tio n No rd- Atla ntique
L’Oscillation Nord Atlantique (NAO) a été décrite en détail par HURREL (1995) et l’indice
qui la caractérise est basé sur la différence entre les moyennes mensuelles de la pression
atmosphérique normalisée à Reykjavik (Islande) et à Ponta Delgada (Açores, Portugal). Un
indice positif (NAO+) correspond à une situation où un anticyclone puissant est centré sur les
Açores et où des dépressions creuses circulent d’ouest en est au niveau de l’Islande. A
l’inverse, un indice négatif (NAO-) correspond à un anticyclone faible et des dépressions
moins creuses et dont la trajectoire est plus variable. Plusieurs auteurs ont déjà montré que la
variabilité en Hs dans l’Atlantique Nord était contrôlée par l’oscillation Nord Atlantique
(NAO) (BACON & CARTER, 1993 ; BAUER, 2001 ; DODET et al., 2010). Afin de vérifier
cette hypothèse dans le Golfe de Gascogne et de l’étendre à d’autres paramètres,
les coefficients de corrélation entre les moyennes hivernales des paramètres des vagues et
celles de l’indice NAO (HURREL, 1995) ont été calculés (figure III.5). Les Hs sont
moyennement corrélées avec l’indice NAO dans le Golfe de Gascogne, avec des valeurs de
l’ordre de 0.3 à 0.4. Des valeurs plus élevées (0.6) sont observées le long des côtes nord de
Bretagne et de Cornouaille.
Les directions sont faiblement corrélées avec l’indice NAO dans le Golfe de Gascogne mais
présentent une corrélation positive le long des côtes sud de Cornouaille et une corrélation
négative le long des côtes nord-Bretonnes et Normandes et le long de la côte nord de
Cornouaille. Enfin les périodes de pic présentent une corrélation significative avec l’indice
NAO sur l’ensemble de la zone. Les situations de type NAO + sont associées à de forts
gradients de pression atmosphérique qui génèrent de forts vents d’ouest à sud-ouest aux
latitudes élevées de l’Atlantique Nord. Ces forts vents d’ouest génèrent des houles plus fortes
et plus longues, ce qui explique les corrélations positives observées pour Hs et Tp.
Conformément aux résultats de DODET et al. (2010), les directions moyennes de la houle
sont peu corrélées avec l’indice NAO dans le Golfe de Gascogne. Cette étude à plus haute
résolution permet par contre de mettre en évidence deux zones de corrélation négatives le
long des côtes sud de la Manche et le long de la côte nord de Cornouaille et une zone de
corrélation positive au niveau de la côte sud de Cornouaille. La carte des directions moyennes
(figure III.4) montre que les houles effectuent une réfraction aux abords de la Manche, qui
induit une rotation horaire (de 270°N vers 300°N) au niveau des littoraux orientés au nord et
antihoraire (de 270°N vers 230°N) au niveau de ceux orientés au sud. Nous proposons que la
corrélation négative entre l’indice NAO et la direction moyenne des vagues observée au
niveau des littoraux orientés au nord traduise une dominance des mers de vent d’ouest à sud-
