Chapitre 1
Généralités
07
On trouve sur les plages des petites pelotes de fibres appelées aegagropiles provenant
de la décomposition physique de la plante dont les fragments, imputrescibles, sont roulés
par les courants et s'agglomèrent entre eux.
Figure 1.8 : Aegagropiles : pelotes de fibres (écailles et rhizomes)
roulées par la mer
1.4. Écologie
En mode calme, Posidonia oceanica peut se développer très près du niveau moyen
de la mer : ses feuilles s’étalent alors à la surface. La profondeur maximale dépend
de la transparence de l’eau : dans le Var et en Corse, des touffes isolées de P. oceanica
ont été observées jusqu’à 45-48m de profondeur (Augier et Boudouresque, 1979 ;
Boudouresque et al., 1990).
La lumière constitue l’un des facteurs les plus importants pour sa répartition
et sa densité (Elkalay et al., 2003).
Les températures extrêmes mesurées dans un herbier à P. oceanica sont 9,0 et 29,2°C
(Augier et al., 1980 ; Robert, 1988). Il est possible toutefois que les températures basses
(moins de 10°C) et hautes (plus de 28°C) ne soient supportées qu’exceptionnellement
(Boudouresque et al., 2006).
Elle craint la dessalure, il ya dépérissement immédiatement en dessous de 33‰
(Ben Alaya, 1972). C’est la faible salinité qui l’élimine de la mer de Marmara (21-27‰),
des étangs saumâtres de la côte languedocienne et du voisinage de l’embouchure
des fleuves côtiers. L’absence de P. oceanica de la partie centrale de nombreuses plages
pourrait correspondre à la zone de résurgence d’une nappe phréatique (LERICHE, 2004).
L’espèce semble mieux résister aux salinités élevées, bien que Ben Alaya (1972) ait indiqué
que 41‰ constitue sa limite supérieure de tolérance.
Elle craint un hydrodynamisme trop intense. Les tempêtes arrachent des faisceaux
de feuilles, dont certains constitueront des boutures. Elles peuvent éroder la “matte”,
soit directement, soit en la vidant de son sédiment, ce qui la fragilise. C’est la raison pour
laquelle, en mode battu, l’herbier ne s’approche pas à plus de 1 ou 2m de la surface
(Boudouresque et al., 2006).
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