Les peuplements ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne
Wahid REFES
169
Tableau 3.93.: Biomasses moyennes (kg/km²) par étage bathymétrique obtenues lors des
différentes campagnes de pêche réalisées sur les fonds chalutables du secteur oriental de la
côte algérienne.
Etages
(mètres)
ISTPM (1982)
Djabali & Refes
(1990)
Massuti et al.
(2003)
Massuti et al.
(2004 a.)
Présente étude
0-50
1164,62±562,87
565,14±80,31
-
-
469,27±211,77
50-100
1312,64±551,11
579,66±84,19
-
765,45±320,22
444,56±127,47
100-200
1723,96±516,61
1017,01±840,37
-
439,26±222,97
325,15±136,07
200-500
1080,02±1031,70
-
510,29±340,87
295,97±180,16
359,46±72,69
500-800
912,03±260,44
-
762,29±328,22
241,15±111,18
287,54±62,29
Moyennes
1323,65±292,70
759,47±353,17
616,39±241,49
491,06±150,47
386,08±62,21
Cela s’explique par une pression de la pêche différente entre ces deux périodes. En 1982, les
chalutiers, en raison de leur faible puissance motrice, exerçaient leur activité de pêche sur la
bande côtière sur les fonds de moins de 100 mètres. Actuellement, les chalutiers sont dotés
d’une forte puissance motrice et pratiquent la pêche sur des fonds au-delà de 100 mètres. A
cela, une réglementation nationale interdit aux navires de pêche de pratiquer le chalutage
(arrêté du 24 avril 2004 fixant les limitations d’utilisation des chaluts pélagiques, semipélagiques et de fond dans le temps et dans l’espace) sur les fonds de moins de 50 mètres.
La pression de la pêche sur les peuplements ichtyologiques n’est pas la seule raison pouvant
expliquer les variations d’abondance en fonction de la profondeur. Marshall & Merrett
(1977), Gordon & Duncan (1985), Gordon (1986), Stefanescu et al. (1993) et Moranta et al.
(1998 et 2004) mettent en évidence la présence d’une biomasse remarquable dans l’horizon
moyen de la pente continental, qui serait attribuée à une diminution de la pression sur les
ressources trophiques disponibles au fond.
Par contre, la forte baisse des biomasses dans l’horizon inférieur du talus est liée à la pénurie
des ressources trophiques (Macpherson & Duarte, 1991 ; Stefanescu et al., 1992 et 1993 ;
Merrett & Haedrich, 1997 ; Moranta et al., 1998). Massuti et al. (2004 b.) lient cette
disponibilité des ressources trophiques directement à la production de la faune démersale des
fonds marins, qui est elle-même liée à la production pélagique de la colonne d’eau.
Ils expliquent ces observations en comparant les densités et les biomasses des poissons des
fonds chalutables de la Méditerranée occidentale et de l’Atlantique nord-est, ils mettent en
évidence des écarts d’abondances des poissons liés aux concentrations de la matière
organique sur les fonds.
Jennings & Polunin (1996) montrent que la pression de la pêche conjuguée à la non sélectivité
des pratiques de pêche peut, en effet, conduire à une nouvelle compétition entre les espèces
pour l’espace et la ressource et induire des changements profonds dans les communautés et
leurs structures. Blanchard (2000) indique que les interactions biotiques entre espèces
peuvent, aussi, expliquer les variations des biomasses par la compétition pour les ressources
(trophiques et spatiales), la facilitation du recrutement, la mise en disposition des ressources
(trophiques et spatiales) et les modifications du milieu.
Est-ce que les ressources ichtyologiques du secteur oriental de la côte algérienne sont
surexploitées ? Une comparaison, des indices d’abondance relevés dans le secteur oriental à
ceux de Massuti et al. (2004 b.) recueillis en Méditerranée nord-ouest et en Atlantique nord-
Wahid REFES
169
Tableau 3.93.: Biomasses moyennes (kg/km²) par étage bathymétrique obtenues lors des
différentes campagnes de pêche réalisées sur les fonds chalutables du secteur oriental de la
côte algérienne.
Etages
(mètres)
ISTPM (1982)
Djabali & Refes
(1990)
Massuti et al.
(2003)
Massuti et al.
(2004 a.)
Présente étude
0-50
1164,62±562,87
565,14±80,31
-
-
469,27±211,77
50-100
1312,64±551,11
579,66±84,19
-
765,45±320,22
444,56±127,47
100-200
1723,96±516,61
1017,01±840,37
-
439,26±222,97
325,15±136,07
200-500
1080,02±1031,70
-
510,29±340,87
295,97±180,16
359,46±72,69
500-800
912,03±260,44
-
762,29±328,22
241,15±111,18
287,54±62,29
Moyennes
1323,65±292,70
759,47±353,17
616,39±241,49
491,06±150,47
386,08±62,21
Cela s’explique par une pression de la pêche différente entre ces deux périodes. En 1982, les
chalutiers, en raison de leur faible puissance motrice, exerçaient leur activité de pêche sur la
bande côtière sur les fonds de moins de 100 mètres. Actuellement, les chalutiers sont dotés
d’une forte puissance motrice et pratiquent la pêche sur des fonds au-delà de 100 mètres. A
cela, une réglementation nationale interdit aux navires de pêche de pratiquer le chalutage
(arrêté du 24 avril 2004 fixant les limitations d’utilisation des chaluts pélagiques, semipélagiques et de fond dans le temps et dans l’espace) sur les fonds de moins de 50 mètres.
La pression de la pêche sur les peuplements ichtyologiques n’est pas la seule raison pouvant
expliquer les variations d’abondance en fonction de la profondeur. Marshall & Merrett
(1977), Gordon & Duncan (1985), Gordon (1986), Stefanescu et al. (1993) et Moranta et al.
(1998 et 2004) mettent en évidence la présence d’une biomasse remarquable dans l’horizon
moyen de la pente continental, qui serait attribuée à une diminution de la pression sur les
ressources trophiques disponibles au fond.
Par contre, la forte baisse des biomasses dans l’horizon inférieur du talus est liée à la pénurie
des ressources trophiques (Macpherson & Duarte, 1991 ; Stefanescu et al., 1992 et 1993 ;
Merrett & Haedrich, 1997 ; Moranta et al., 1998). Massuti et al. (2004 b.) lient cette
disponibilité des ressources trophiques directement à la production de la faune démersale des
fonds marins, qui est elle-même liée à la production pélagique de la colonne d’eau.
Ils expliquent ces observations en comparant les densités et les biomasses des poissons des
fonds chalutables de la Méditerranée occidentale et de l’Atlantique nord-est, ils mettent en
évidence des écarts d’abondances des poissons liés aux concentrations de la matière
organique sur les fonds.
Jennings & Polunin (1996) montrent que la pression de la pêche conjuguée à la non sélectivité
des pratiques de pêche peut, en effet, conduire à une nouvelle compétition entre les espèces
pour l’espace et la ressource et induire des changements profonds dans les communautés et
leurs structures. Blanchard (2000) indique que les interactions biotiques entre espèces
peuvent, aussi, expliquer les variations des biomasses par la compétition pour les ressources
(trophiques et spatiales), la facilitation du recrutement, la mise en disposition des ressources
(trophiques et spatiales) et les modifications du milieu.
Est-ce que les ressources ichtyologiques du secteur oriental de la côte algérienne sont
surexploitées ? Une comparaison, des indices d’abondance relevés dans le secteur oriental à
ceux de Massuti et al. (2004 b.) recueillis en Méditerranée nord-ouest et en Atlantique nord-
