Les peuplements ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne
Wahid REFES
117
On n’a pas pu mettre en évidence une zonation géographique des peuplements ichtyologiques
étudiés entre les différentes zones (région d’El Kala – golfe de Annaba – golfe de Skikda –
baie de Jijel – golfe de Béjaïa) par rapport à l’ensemble des traits de pêche réalisé dans le
secteur oriental de la côte algérienne, malgré que l’écart longitudinal entre la région d’El Kala
(Ain B’har) et le golfe de Béjaïa (Ras Carbon) est de plus de 3°. Lorance (1998) explique qu’à
petite échelle seule la profondeur structure les peuplements. La latitude est considérée à
grande échelle comme un facteur de zonation après la bathymétrie (Allain, 1999), où Sousa et
al. (2006) indiquent sur les côtes portugaises une augmentation du nombre d’espèces avec la
latitude.
Une comparaison des différentes associations ichtyologiques mises en évidence entre 1924
(Le Danois, 1924) et 2006 (présente étude) indique des changements dans la composition
spécifique des principales espèces des peuplements ichtyologiques, où plusieurs
Chondrichthyes étaient représentés comme espèces constantes (Mustelus mustelus ; Raja
asterias ; Raja radula ; Raja oxyrinchus ; Scyliorhinus canicula ; Squatina squatina ;
Torpedo torpedo) en 1924, elles sont devenues (tableau 3.9.) :
- des espèces communes en 1960 (Squatina squatina), en 2003 (Raja oxyrinchus) et en
2005-2006 (Raja asterias et Raja oxyrinchus) ;
- des espèces rares en 1982 (Mustelus mustelus, Raja asterias, Scyliorhinus canicula et
Torpedo torpedo), en 1989 (Raja asterias), en 2003 (Scyliorhinus canicula), en 2004
(Mustelus mustelus, Raja asterias, Raja oxyrinchus, Scyliorhinus canicula et Torpedo
torpedo) et en 2005-2006 (Mustelus mustelus et Scyliorhinus canicula) ;
- des espèces très rares en 1982 (Raja oxyrinchus et Raja radula).
A partir de 2003, Etmopterus spinax et Galeus melastomus sont considérées comme des
espèces constantes à communes et Centrophorus granulosus, Centrophorus uyato, Chimaera
monstrosa, Dalatias licha, Dasyatis pastinaca, Echinorhinus brucus, Galeorhinus galeus,
Gymnura altavela, Hexanchus griseus, Mustelus punctulatus, Myliobatis aquila, Oxynotus
centrina, Pteromylaeus bovinus, Raja clavata, Scyliorhinus stellaris, Squalus acanthias,
Squalus blainvillei, Squatina oculata, Torpedo marmorata et Torpedo nobiliana ont été
classées rares à très rares.
Ces observations confirment les résultats d’Aldebert (1997), où elle met en évidence des
modifications intervenues dans la diversité des espèces démersales dans le golfe du Lion, en
liaison avec les changements des modes et des niveaux d’exploitation des ressources et
particulièrement des Sélaciens, elle montre une forte réduction du nombre d’espèces, à partir
du milieu des années 80, affectant progressivement le plateau continental puis le talus avec la
disparition de Mustelus spp. et Scyliorhinus stellaris. Par contre, elle indique une
augmentation de la fréquence et de l’abondance de Galeus melastomus dans le golfe de Lion,
où Sherman (1991) suggère une extension de l’aire de répartition de cette espèce.
Capapé et al. (2000) enregistrent une forte diminution des prises de Centrophorus granulosus,
Dalatias licha, Echinorhinus brucus, Hexanchus griseus, Mustelus asterias, Scyliorhinus
stellaris, Squalus blainvillei, Scyliorhinus canicula et Squatina squatina, avec une constance
des prises de Galeus melastomus sur la côte du Languedoc.
Wahid REFES
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On n’a pas pu mettre en évidence une zonation géographique des peuplements ichtyologiques
étudiés entre les différentes zones (région d’El Kala – golfe de Annaba – golfe de Skikda –
baie de Jijel – golfe de Béjaïa) par rapport à l’ensemble des traits de pêche réalisé dans le
secteur oriental de la côte algérienne, malgré que l’écart longitudinal entre la région d’El Kala
(Ain B’har) et le golfe de Béjaïa (Ras Carbon) est de plus de 3°. Lorance (1998) explique qu’à
petite échelle seule la profondeur structure les peuplements. La latitude est considérée à
grande échelle comme un facteur de zonation après la bathymétrie (Allain, 1999), où Sousa et
al. (2006) indiquent sur les côtes portugaises une augmentation du nombre d’espèces avec la
latitude.
Une comparaison des différentes associations ichtyologiques mises en évidence entre 1924
(Le Danois, 1924) et 2006 (présente étude) indique des changements dans la composition
spécifique des principales espèces des peuplements ichtyologiques, où plusieurs
Chondrichthyes étaient représentés comme espèces constantes (Mustelus mustelus ; Raja
asterias ; Raja radula ; Raja oxyrinchus ; Scyliorhinus canicula ; Squatina squatina ;
Torpedo torpedo) en 1924, elles sont devenues (tableau 3.9.) :
- des espèces communes en 1960 (Squatina squatina), en 2003 (Raja oxyrinchus) et en
2005-2006 (Raja asterias et Raja oxyrinchus) ;
- des espèces rares en 1982 (Mustelus mustelus, Raja asterias, Scyliorhinus canicula et
Torpedo torpedo), en 1989 (Raja asterias), en 2003 (Scyliorhinus canicula), en 2004
(Mustelus mustelus, Raja asterias, Raja oxyrinchus, Scyliorhinus canicula et Torpedo
torpedo) et en 2005-2006 (Mustelus mustelus et Scyliorhinus canicula) ;
- des espèces très rares en 1982 (Raja oxyrinchus et Raja radula).
A partir de 2003, Etmopterus spinax et Galeus melastomus sont considérées comme des
espèces constantes à communes et Centrophorus granulosus, Centrophorus uyato, Chimaera
monstrosa, Dalatias licha, Dasyatis pastinaca, Echinorhinus brucus, Galeorhinus galeus,
Gymnura altavela, Hexanchus griseus, Mustelus punctulatus, Myliobatis aquila, Oxynotus
centrina, Pteromylaeus bovinus, Raja clavata, Scyliorhinus stellaris, Squalus acanthias,
Squalus blainvillei, Squatina oculata, Torpedo marmorata et Torpedo nobiliana ont été
classées rares à très rares.
Ces observations confirment les résultats d’Aldebert (1997), où elle met en évidence des
modifications intervenues dans la diversité des espèces démersales dans le golfe du Lion, en
liaison avec les changements des modes et des niveaux d’exploitation des ressources et
particulièrement des Sélaciens, elle montre une forte réduction du nombre d’espèces, à partir
du milieu des années 80, affectant progressivement le plateau continental puis le talus avec la
disparition de Mustelus spp. et Scyliorhinus stellaris. Par contre, elle indique une
augmentation de la fréquence et de l’abondance de Galeus melastomus dans le golfe de Lion,
où Sherman (1991) suggère une extension de l’aire de répartition de cette espèce.
Capapé et al. (2000) enregistrent une forte diminution des prises de Centrophorus granulosus,
Dalatias licha, Echinorhinus brucus, Hexanchus griseus, Mustelus asterias, Scyliorhinus
stellaris, Squalus blainvillei, Scyliorhinus canicula et Squatina squatina, avec une constance
des prises de Galeus melastomus sur la côte du Languedoc.
