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2.3. Posidonia oceanica: espèce bio indicatrice
En Méditerranée, l’herbier à Posidonia oceanica constitue un puissant intégrateur de la
qualité des eaux littorales (PERGENT et al., 1995). Très largement distribué sur tout le
littoral, particulièrement réceptif à la pollution (AUGIER et al, 1984 ; BOURCIER, 1989) et
aux agressions liées aux activités humaines (MEINESZ et LAURENT, 1978 ;
BOUDOURESQUE et MEINESZ, 1982 ; TUNESI et BOUDOURESQUE, 2006). Solidaire
du fond, il rend compte, par sa présence et sa vitalité, de la qualité des eaux qui dérivent audessus de lui. L’empreinte de la qualité des eaux sur les herbiers à Posidonia oceanica est
permanente et de nombreux paramètres sont à même d’être enregistrés par l’herbier :
► turbidité moyenne des eaux (matérialisée par la position de sa limite inférieure et par la
densité des faisceaux) ;
► courants et hydrodynamisme (matérialisés par les structures érosives qui affectent la
matte) ;
► taux de sédimentation (matérialisé par la vitesse de croissance des rhizomes et, en cas de
déficit, par leur déchaussement) ;
►polluants stables (concentration et mémorisation des teneurs au cours du temps) ;
► dessalure aux débouchés de fleuves côtiers ou de nappes phréatiques (matérialisée par la
disparition de l’herbier) ;
► matière organique et nutriments (matérialisés par les épiphytes des feuilles et la
composition chimique de la plante) (PERGENT-MARTINI et al., 2005 ; PERGENT, 2006).
Par conséquent, Posidonia oceanica est utilisée en routine pour évaluer l’état de santé du
milieu marin méditerranéen, et ce, par la mise en œuvre de nombreux paramètres qui
permettent d’accéder à différentes échelles d’informations : (i) l’écosystème, (ii) l’herbier,
(iii) et l’individu (échelle du faisceau) (Figure 3).
Dans le cadre de la mise en place de la Directive Cadre des Eaux (DCE), Posidonia oceanica
a été retenue comme l’un des éléments de qualité biologique à même de renseigner sur l’état
écologique des eaux côtières. Son utilisation a nécessité la mise au point d’indices multidescripteurs capables de caractériser l’état général de la plante et donc d’évaluer le statut
écologique des eaux côtières en Méditerranée (Tableau 1).
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