Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Introduction
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INTRODUCTION
La modification de la composition chimique de l'atmosphère depuis le début de l'ère industrielle
est sans équivalent au cours de l'ère quaternaire, tant par son amplitude, que par la vitesse des
évolutions constatées. En effet, depuis le début de la révolution industrielle, la concentration du
CO2 atmosphérique a dépassé celles qui définissaient les 420 000 ans précédant du système
terrestre (180-280 ppm ; Falkowski et al ., 2000) pour atteindre en 2014, d’après les dernières
estimations du Centre d’Analyse des Informations du Dioxyde de carbone (CDIAC, 2014), les
395ppm (Particules Par Million).
Comme conséquence de la combustion des carburants fossiles, une moyenne de 35,9±1,5
gigatonnes de carbone (Gt C) a été émise chaque année dans l’atmosphère entre 2004 et 2013 (Le
Quéré et al., 2014). Avec une absorption qui atteint environ 9,5±1,8Gt de carbone par an, l’océan
joue un rôle crucial dans la séquestration du CO2 anthropique ainsi que dans la mitigation de ses
impacts.
Un effort croissant a été déployé, depuis les années 1990, pour quantifier et comprendre le rôle de
l’océan mondial dans la séquestration de ce carbone (Programme WOCE). Plusieurs campagnes
océanographiques ont été organisées à travers ce dernier pour mesurer la distribution des
différentes propriétés du système des carbonates (TCO2, AT, pH et pCO2). Malgré ces efforts de
recherches, le cycle du carbone inorganique dans les régions côtières et dans les mers régionales,
reste encore méconnu, notamment dans la mer Méditerranée.
Avec l’augmentation de la pression anthropique sur les écosystèmes méditerranéens marins,
plusieurs études effectuées, ces dernières années, ont révélées d’importants changements dans la
circulation et dans les propriétés physiques de la Méditerranée (diminution du niveau de la mer,
Tsimplis et al., 2000 ; apparence d’un nouveau site de formation d’eaux profondes au sud de la mer
Egée, Roether et al., 1996; augmentation de la salinité et de la température dans les eaux
intermédiaires et profondes dans l’ouest de la Méditerranée, Béthoux et al., 1990) mais aussi dans
la composition chimique (augmentation de la concentration des phosphates et des nitrates dans les
couches profondes du bassin occidental ; Béthoux et al., 2002). Les causes de ces changements
majeurs et les conséquences sur le fonctionnement des écosystèmes de la mer Méditerranée sont
continuellement débattues dans la littérature (Béthoux et al., 2002; Skliris et al., 2007). Il est donc
difficile de déterminer si ces changements sont liés à une augmentation globale ou régionale de la
pression anthropique (Touratier et Goyet, 2009).
Afin de mieux comprendre ces phénomènes, une estimation du carbone anthropique séquestré par
la Méditerranée s’avère nécessaire. Dans ce contexte, plusieurs essais ont été réalisés ces dernières
années, d’abord à l’échelle régionale (Touratier et Goyet, 2009; Schneider et al., 2010) puis à
l’échelle de tout le bassin après l’acquisition des données des campagnes allemandes et françaises :
METEOR et BOUM (Touratier et Goyet, 2011 ; Touratier et al., 2012). Ces dernières études ont
prouvé la contamination complète des eaux méditerranéennes par le carbone anthropique.
Néanmoins, plusieurs questions restent toujours en suspens, notamment quant-à-la meilleure
méthode d’estimation du carbone anthropique en Méditerranée. En effet, telles que souligné
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