Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Conclusion
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CONCLUSIONS GENERALES
La mer Méditerranée, cette mer marginale, qui a une influence considérable sur la circulation de
l’océan Atlantique et qui est supposée jouer un rôle stratégique dans la séquestration du C
ant , a pour
longtemps été négligée par rapport à l’océan mondial. Récemment et depuis l’acquisition de
données océanographiques de bonne qualité, beaucoup d’études ont abordé cette problématique.
Dans ce contexte, notre étude avait pour but de tester différentes méthodes directes d’estimation
du C
ant
et de sélectionner celle qui serait la plus adéquate à la Méditerranée. Cet exercice d’intercomparaison a compris les méthodes : TrOCA originale, une variante de cette dernière (TrOCA
modifiée) et pour la première fois en Méditerranée, les méthodes de Gruber (∆C*), de Chen (C°)
et des soustractions directes.
Les résultats obtenus mettent en évidence la contamination complète de cette mer en C
ant . Cette
tendance est probablement due aux caractéristiques physicochimiques particulières de la
Méditerranée : Concentrations élevées d’alcalinité associées à des températures élevées (faible
facteur de Revelle); Taux rapide de renouvellement des eaux.
En considérant la méthode de la soustraction directe comme référence, c’est l’approche de Chen et
Millero (C°) qui semble la plus appropriée pour l’estimation du carbone anthropique séquestré par
la Méditerranée. En effet, l’erreur associée à l’estimation de l’âge des masses d’eaux dans la
méthode de Gruber et à l’utilisation d’une eau de référence océanique dans la méthode TrOCA,
sont deux incertitudes importantes inhérentes à ces approches.
L’inventaire total du C
ant séquestré par la Méditerranée pour l’année de référence (2010) est de
l’ordre de 1,1±0,002 Pg C (d’après la méthode de la soustraction directe) avec une moyenne
annuelle, entre les années 2000 et 2010, de 40±0,108 Tg C. Les bassins oriental et occidental
piègent, respectivement, 52,63% et 47,37% de cette quantité.
Autrement dit, la Méditerranée a séquestré 4,76% de la quantité de carbone émise par l’activité
anthropique des pays du pourtour méditerranéen depuis le début de la révolution industrielle. Cette
quantité est répartie d’une manière non uniforme avec deux grands réservoirs au niveau de la mer
Ligure et du bassin Algérien probablement en raison de l’efficacité de la pompe physique
(formation d’eau profonde au nord ; gyres anticycloniques au sud) et biologique (activité
photosynthétique) au niveau de ces régions.
Les tests de sensibilité mettent l’accent sur la nécessité d’une bonne paramétrisation pour une
estimation qualitative et quantitative adéquate du C
ant . Ceci passe par la prise en considération des
caractères particuliers de chaque bassin. Ces derniers étant deux systèmes différents et
interdépendants.
L’étude de l’évolution des valeurs de pH, depuis la période préindustrielle, révèle que toutes les
masses d’eau de la Méditerranée seraient déjà touchées par l’acidification avec un taux moyen de
-0,06 unités de pH (de -0,193 à 0,251). Cette acidification est d’autant plus marquée dans les eaux
de surface qui sont en contact direct avec les pressions partielles atmosphériques élevées du CO2
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