Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Résultats et discussions
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Evaluation du flux air-mer de CO2
En considérant les valeurs du ∆pCO2 calculé pour l’année 2000 et 2010, la Méditerranée jouait le
rôle de source de CO2 pour l’atmosphère. Ce comportement est dû probablement à la sursaturation
des eaux de surface méditerranéennes en CO2. Les flux sont plus importants dans la partie sud de
cette mer et plus particulièrement dans le sud du bassin oriental avec un ∆pCO2 qui peut atteindre
200µmol/kg et un flux de 3mmol.m
-2 .j
-1 . Cette tendance est accompagnée par les pH les plus faibles
de la Méditerranée et les salinités et températures les plus importantes.
Une légère augmentation du ∆pCO2 (~50µmol/kg) et du flux de CO2 est notée sur tout le bassin
méditerranéen entre les années 2000 et 2010. Cette augmentation peut être expliquée par l’élévation
des concentrations de carbone dans les eaux de surface (pénétration du carbone anthropique).
Une étude menée par Louanchi et al. (2009), qui a permis la reconstruction du TCO2, AT et fugacité
du CO2 dans la couche de mélange entre les années 1960 et 1990, a estimé que la Méditerranée est
passée d’une source de CO2 vers l’atmosphère (0,62 Tg C/an) dans les années 60 à un puit dans les
années 90 (-1,98 Tg C/an). En parallele, Taillandier et al. (2012) estiment que la Méditerranée a
joué le rôle de source de carbone vers l’atmosphère dans les années 1980 (1,5.10
12
molC/an) et
qu’elle serait proche de l’équilibre dans les années 2000 (léger puit de ~ -1,2.10
12
molC/an).
D’après l’étude de Louanchi et al. (2009), le cycle annuel de la fugacité du CO2 en surface est
conditionné principalement par les variations de température des eaux, alors que les variations
décennales sont dues à l’effet combiné de la production primaire et de l’effet thermique. De plus,
la fugacité du CO2 est plus sensible aux variations physiques (Température et salinité) qu’aux
variations des propriétés biogéochimiques de la Méditerranée.
Selon d’autres auteurs (e.g. Copin-Montégut, 1988), le pCO2 dans l’eau de mer dépend de la
température des eaux et du ratio (TCO2/TA). En effet, le pCO2 des eaux de mer est plus sensible à
la température lorsque le ration (TCO2/TA) est proche du un (1) plutôt que du zéro (0) (Goyet et
al., 1999). D’après nos résultats (Fig.39), ce ratio oscille entre 0,7 en 2000 et 0,8 en 2010 ce qui
étaye l’hypothèse de la dépendance du pCO2 de surface à la température.
Figure 39: Relation TCO2/AT pour les années 2000 et 2010
y = 0,7856x + 251,95
R² = 0,7833
2000
2100
2200
2300
2400
2500
2200
2400
2600
2800
3000
TCO 2
(µmol/kg)
AT(µmol/kg)
Année 2000
y = 0,8068x + 197,9
R² = 0,7622
2000
2100
2200
2300
2400
2500
2200
2400
2600
2800
3000
TCO 2
(µmol/kg)
AT(µmol/kg)
Année 2010
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