Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Résultats et discussions
101
Une estimation récente de l’acidification de la mer Méditerranée a été effectuée par Palmiéri et al.
(2014) en utilisant un modèle régional à haute résolution. Ces auteurs concluent que le pH de
surface ne varie pas significativement par rapport à la moyenne de l’océan mondial (malgré les
concentrations élevées d’AT). En profondeur, le changement du pH est estimé entre -0,005 et -0,06
unités de pH. Ces valeurs sont proches de celles retrouvées dans la présente étude.
La distribution du pH en surface de l’année 2000 (Fig.38) montre des eaux plus acides dans la
partie sud du bassin méditerranéen (~7,95) et des pH plus élevés dans la partie nord du bassin (~8).
Cette distribution semble aussi valable pour la Méditerranée préindustrielle avec des pH plus élevés
(8,2) dans toute la partie nord. Ceci laisse envisager que ce contraste reflète les conditions
« normales » de cette mer. Parmi les facteurs qui pourraient expliquer cette distribution ; 1/ la
répartition de la température de surface qui est plus importante dans le Sud du bassin et plus basse
dans le Nord, 2/ Une activité photosynthétique plus importante dans le nord (consommation de
CO2).
L’iso-ligne de pH (8) remonte considérablement vers le nord en 2010 prouvant par-là une
acidification des eaux de surface de la Méditerranée sur les 10ans. Ceci accompagne
l’augmentation des concentrations de carbone anthropique dans cette couche.
En comparant nos résultats avec la valeur typique d’acidification de l’océan mondial (-0,1), la
Méditerranée apparait comme une des régions les plus affectées par l’acidification. Ce constat ne
fait que remettre plus en question l’hypothèse d’une alcalinité constante pour les prochaines années.
Afin d’estimer l’effet de la pénétration du CO2 en excès, Feely et Chen (1982) ont démontré que
le CO2 présentait un effet significatif sur les horizons de saturation de la calcite et de l’aragonite
qui deviennent plus superficiels pour un pH plus acide.
D’après CIESM (2008), le problème de l’acidification de la Méditerranée ne se répercuterait pas
sur le niveau de saturation des carbonates de calcium (puisque les eaux de cette mer sont
sursaturées) mais plutôt sur la spéciation des nutriments (le degré de limitation en phosphore
devrait augmenter) et la modification de son statut trophique (l’oligotrophie devrait augmentée) en
affectant de ce fait la productivité, l’ensemble des structures du réseau trophique ainsi que l’export
du carbone.
101
Une estimation récente de l’acidification de la mer Méditerranée a été effectuée par Palmiéri et al.
(2014) en utilisant un modèle régional à haute résolution. Ces auteurs concluent que le pH de
surface ne varie pas significativement par rapport à la moyenne de l’océan mondial (malgré les
concentrations élevées d’AT). En profondeur, le changement du pH est estimé entre -0,005 et -0,06
unités de pH. Ces valeurs sont proches de celles retrouvées dans la présente étude.
La distribution du pH en surface de l’année 2000 (Fig.38) montre des eaux plus acides dans la
partie sud du bassin méditerranéen (~7,95) et des pH plus élevés dans la partie nord du bassin (~8).
Cette distribution semble aussi valable pour la Méditerranée préindustrielle avec des pH plus élevés
(8,2) dans toute la partie nord. Ceci laisse envisager que ce contraste reflète les conditions
« normales » de cette mer. Parmi les facteurs qui pourraient expliquer cette distribution ; 1/ la
répartition de la température de surface qui est plus importante dans le Sud du bassin et plus basse
dans le Nord, 2/ Une activité photosynthétique plus importante dans le nord (consommation de
CO2).
L’iso-ligne de pH (8) remonte considérablement vers le nord en 2010 prouvant par-là une
acidification des eaux de surface de la Méditerranée sur les 10ans. Ceci accompagne
l’augmentation des concentrations de carbone anthropique dans cette couche.
En comparant nos résultats avec la valeur typique d’acidification de l’océan mondial (-0,1), la
Méditerranée apparait comme une des régions les plus affectées par l’acidification. Ce constat ne
fait que remettre plus en question l’hypothèse d’une alcalinité constante pour les prochaines années.
Afin d’estimer l’effet de la pénétration du CO2 en excès, Feely et Chen (1982) ont démontré que
le CO2 présentait un effet significatif sur les horizons de saturation de la calcite et de l’aragonite
qui deviennent plus superficiels pour un pH plus acide.
D’après CIESM (2008), le problème de l’acidification de la Méditerranée ne se répercuterait pas
sur le niveau de saturation des carbonates de calcium (puisque les eaux de cette mer sont
sursaturées) mais plutôt sur la spéciation des nutriments (le degré de limitation en phosphore
devrait augmenter) et la modification de son statut trophique (l’oligotrophie devrait augmentée) en
affectant de ce fait la productivité, l’ensemble des structures du réseau trophique ainsi que l’export
du carbone.
