CHAPITRE I
Généralités
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CHAPITRE I : Généralités
1. La biosurveillance et l’utilisation des espèces benthiques pour l’évaluation de l’état de
milieu marin
Pendant de nombreuses années, les méthodes d’évaluation de la qualité de l’environnement
marin reposaient presque exclusivement sur des mesures de paramètres chimiques de l’eau et
des sédiments (Munawar et al., 1995). D’autres méthodes plus récentes utilisant les paramètres
biologiques, physiques et biochimiques des organismes vivants, tant à l’échelle du simple
individu que des écosystèmes entiers, sont venues combler les lacunes inhérentes aux analyses
strictement chimiques (Daby, 2006 ; Kaiser, 2001; Markert et al., 2003). Certaines espèces sont
plus sensibles que d’autres et nécessitent des conditions particulières pour se maintenir dans
leur milieu naturel. Lorsque les conditions du milieu naturel sont altérées, par exemple dans le
cas de contamination par des polluants, ces espèces peuvent être affectées de plusieurs façons
reflétant ainsi le débalancement des conditions initiales du milieu naturel. De telles espèces sont
appelées indicateurs biologiques (ou indicateurs écologiques) en raison de leur capacité à
caractériser l’état d’un écosystème soumis à un stress environnemental, ainsi qu’à permettre de
détecter ou prévoir des changements significatifs pouvant survenir à l’intérieur de ce même
écosystème (Kaiser, 2001 ; Sammarco et al., 2007).
Les organismes et communautés benthiques se révèlent être particulièrement adaptés pour
l’évaluation de l’état des écosystèmes dans lesquels ils se développent (Gray et Pearson, 1982
; Pearson et Rosenberg, 1978 ; Warwick, 1986 ; Warwick, 1993 ; Dauer, 1993 ; Fano et al, 2003
in Grall et Coic, 2006, Touzin, 2008).
Le macrozoobenthos, en tant que maillon intermédiaire de la chaîne alimentaire, intègre
rapidement les modifications des caractéristiques environnementales. Le suivi de la faune
macrozoobenthique permet d’étudier les conséquences de ces évolutions naturelles et
anthropiques, tout en intégrant les modifications biotiques et abiotiques du milieu (Timsit et al.,
2004).
L’évaluation de la qualité des eaux littorales et le suivi des impacts des activités anthropiques
sur le milieu marin font généralement appel à la mesure de :
 paramètres physico-chimiques et écotoxicologiques de l’eau et du sédiment. Les
paramètres les plus couramment mesurés sont l’oxygène dissous, le pH, la conductivité
spécifique, la température, les matières solides dissoutes, la turbidité.
 Les paramètres biologiques mesurés ont longtemps été limités à la chlorophylle a et aux
bactéries coliformes fécales (Grall et Coic, 2006).
Cependant, ces paramètres pouvant varier naturellement entre différents habitats, ils n’ont
qu’une valeur descriptive de l’écosystème et permettent difficilement d’en déduire la qualité et
encore moins les impacts d’activités anthropiques ou de pollution. Ils illustrent de plus l’état du
système à un instant ˝t˝ particulier sans pouvoir détecter les tendances ou les effets à long terme
des perturbations (Grall et Coic, 2006).
Parmi les communautés biologiques, les communautés de macroinvertébrés benthiques sont les
plus utilisées pour évaluer l’état de santé global des écosystèmes aquatiques (Ce sont des
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