Chapitre VI : Méthodes de protection contre l’érosion
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Introduction :
L’équilibre sédimentaire d’un littoral est très sensible à toutes les modifications qui
peuvent intervenir dans son environnement, que ces modifications soient dues à des causes
naturelles ou à des interventions humaines.
Houles, clapots, vents, marées, courants et variation du niveau moyen des eaux vont
s’associer pour modeler un rivage et lui donner un tracé qui lui est propre mais qui n’est pas
immuable et peut se modifier au cours du temps si l’un des paramètres naturels vient à être
perturbé.
Dans ce littoral vivant, en équilibre précaire ou en lente évolution, l’homme doit réaliser
des ouvrages maritimes tels que des ports de pêche ou de commerce, effectuer des
prélèvements de matériaux pour la construction, plus simplement, l’établissement d’une
protection des plages ou des installations balnéaires.
Le littoral algérien connaît un recul très important de son linéaire côtier ces dernières
années, dû essentiellement à l’urbanisation qui s’est concentrée et amplifiée autour des
grandes villes littorales, ce qui explique une anthropisation accentuée qui déforme et dégrade
la côte par rapport à ce qu’elle était avant.
1. Érosion du système littoral béjaoui :
L’érosion marine est importante au niveau de la partie Est de la côte, elle s’observe
essentiellement au niveau des plages de la commune de Béjaia, la plage de Bougie
essentiellement, la plage de Sidi Ali Lebhar et la piste de l’aéroport. Au niveau de la
commune de Boukhlifa, la plage Club Hippique a totalement disparu, ainsi que la plage
Thassifth dans la commune de Tichy.
Le cas de Bougie plage est unique en son genre. Depuis 1983, cette côte a connu une
surexploitation de son sable, ce qui a provoqué un recul de 120 m entre 1996 et 1998, soit 60
m/an en moyenne, et de 200 m dans le secteur Est de cette plage, soit 100 m/an (Benkortbi,
1999).
A Bougie plage, les courants littoraux ont toujours été canalisés et orientés par la digue de
fermeture du port de Béjaia, pour reprendre leur direction subitement vers l’Est, ce qui a
toujours engendré l’orientation de l’embouchure de l’oued Soummam vers l’Est.
Au niveau de l’embouchure, le recul de la ligne de rivage est spectaculaire, cela ne pourrait
être dû qu’au manque d’apports solides provenant du continent, qui sont exploités de manière
abusive pour les besoins des constructions.
La côte sableuse de la partie Ouest de la baie de Béjaia a enregistré une érosion presque
généralisée et modérée. Ce recul peut être justifié par des phénomènes naturels tels que les
effets, répétés et cumulés, tempétueux du climat. L’empreinte humaine a également accéléré
la cadence de ce recul.
Le tableau ci-dessus résume l’évolution des surfaces des plages de la partie Ouest de la baie
en termes d’érosion et d’accumulation, pour une période qui va de 1973 jusqu’à 2001.
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