Etude de l'Acidification et de l'Oxygénation de la côte Algéroise : Eté 2014
| Résultats et discussion
76
ville de Bourdj el kiffen) et la morphologie de la baie qui se présente comme une cuve et
favorisant les blooms phytoplanctoniques, augmentant localement le pH T dans cette baie à une
moyenne de 7,96 par rapport aux deux autres baies (baie de Bou Ismail : 7,76 - baie de
Zemmouri : 7,75). Les apports de nutriments sont également susceptibles d’augmenter la
production primaire en zone côtière, influant sur le cycle du carbone et de l’azote de façon
journalière ou saisonnière (Aufdenkampe, et al., 2011).
Même avec la légère augmentation de pH T dans la baie d’Alger (conséquence de la
biologie et l’hydrodynamisme), les valeurs de pH T dans le bassin algérois restent faibles par
rapport à ce qu’on observe en surface dans le reste de la Méditerrané, environ 7,85 à 8 dans le
bassin Algérien pour des profondeurs entre 0 à 500m (Campagne Météor N84 3, 2011).
D’après (Barton, et al., 2012), Sur certaines côtes, les remontées d’eaux profondes
souvent saisonnières (“upwellings”) entrainent une diminution du pH et de Ω le long des
côtes, induisant des évènements d’acidification ponctuels dans ces habitats. En fonction de
l’équilibre entre les quantités de CO 2 d’origine anthropique absorbées par les eaux côtières,
l’export d’eau d’alcalinité différente, les variations en matière organique et les changements
entre production primaire, respiration et calcification en lien avec les concentrations en
nutriments, les écosystèmes côtiers supportent des périodes d’acidification ou d’alcalinisation
à de multiples échelles de temps, indépendantes du phénomène global d’Acidification des
Océans (AO).
Le long de la pente continentale algérienne, c’est le seul effet Coriolis qui conditionne
l’instabilité de l’écoulement des eaux atlantique, connu désormais sous le nom de courant
algérien(Millot, et al., 2005) .Lorsqu’il est déstabilisé, ce courant entraîne la formation de
tourbillons anticycloniques d’abord de taille réduite (quelques dizaines de kilomètres), qui
sont associés à un phénomène d’upwelling sur leur bord sud-ouest et qui se propagent vers
l’est à une vitesse de quelques kilomètres par jour. Ces tourbillons pouvant atteindre des
diamètres de près de 300 kilomètres (certains ayant même été bloqués entre la pente
algérienne et les Baléares) et s’étendre jusqu’au fond (> 2 000 m) (Millot, 2013).
Dans le bassin algérois ces phénomènes de résurgences côtières sont fréquents,
Boulahdid et al, en 2003 et 2009 ont observé une résurgence dans la baie d’Alger et la baie de
Bou Ismail, ainsi que Bouzetine et Zerrouki (Avril 2011) qui ont observé des signes de
résurgence au centre de la baie d’Alger.
En plus, l’alcalinité dans les trois baies présente un comportement non conservatif par
rapport à la salinité (figures 4-25, 4-32 et 4-39), avec une bonne saturation en oxygène dans
les trois baies (sauf en face de oued Nadour et Mazafran), résultant d’une forte activité
photosynthétique indissociable de l’activité calcifiante ce qui fait intensifier le flux de CO 2 et
probablement diminuer l’AT.
L’évidence expérimentale indique qu’il existe de grandes variations dans les besoins en
CO 2 , la sensibilité et le métabolisme des divers groupes taxonomiques de phytoplancton, et
souligne le fait que certains groupes, tels les coccolithophoridés calcifiants, pourraient
bénéficier plus que d’autres de l’augmentation actuelle du CO 2 atmosphérique, par rapport
aux diatomées non-calcifiants (Riebesell, U., 2004). Par exemple, Emiliania huxleyi fait
généralement preuve d’un taux de photosynthèse plus élevé en réponse à une hausse de CO 2 et
Diminution des taux de calcification de 40% liée à une hausse de pCO2 chez Emiliania
huxleyi, aussi bien en laboratoire qu’à l’état naturel(Wolf-Gladrow, et al., 1999). Ce qui va
modifier le rapport photosynthèse/calcification.
Précédent

Etude de l\'acidification et de l\'oxygénation de la côte Algerienne - 89/129

Suivant