Apports et accumulation des métaux traces dans les sédiments des baies d’Alger et de Marseille
Auteur
Benhalima, Moustafa
L’essentiel des apports de métaux traces en Méditerranée proviennent des rivières et des grands centres urbains, portuaires et industriels. Malgré de nombreux efforts, ces apports perdurent tout en se modifiant avec les changements globaux : évolution des débits des rivières, métaux émergents, nouvelles formes chimiques. Ces apports et le risque qu’ils constituent pour les écosystèmes côtiers ont été étudiés sur les côtes françaises, mais, pour la rive sud de la méditerranée, il n’y a que très peu d’informations pour l’instant. Notre étude s’attache à définir dans la région côtière d’Alger les flux et la spéciation des métaux traces issus des oueds El Harrach et Mazafran, l’état actuel et l’historique de la contamination des sédiments marins.
Un suivi temporel dans les eaux des oueds El Harrach et Mazafran a été réalisé durant vingtquatre (24) campagnes de prélèvement entre Août 2017 et Juillet 2018, avec une fréquence d’un prélèvement bimensuel. En parallèle, une trentaine de stations ont été fait l’objet de prélèvement de sédiment superficiel en face l’embouchure des oueds. En plus, deux carottes sédimentaires ont été prélevé dans les baies d’Alger et de Marseille. Le dosage des métaux traces dans les échantillons d’eau et de sédiment a été effectué par ICP-MS. Ainsi, le taux de la matière organique et la granulométrie dans les échantillons de sédiment ont été déterminés.
L’estimation des flux en ETM a été réalisé, ainsi que l’évaluation de risque de MES et des
sédiments a été effectuée par l’application d’une approche écotoxicologique, basée sur le calcul de multiples indices.
Les résultats de cette étude indiquent que tous les métaux particulaires analysés dans les oueds proviennent de sources anthropogéniques (EF > 1,5), avec une contamination plus élevée de
Pb, Cd, Zn et Ni dissous et un léger degré de contamination de Cu et Zn particulaires (0 < Igeo
< 1). Un effet toxique significatif (STUi >4) des métaux particulaires combinés (Pb, Cd, Cu,
Zn, Cr, Ni et As) est observé dans les deux oueds. Les résultats de la présente étude ont montré également que les sédiments superficiels présentent un risque écologique faible pour les espèces vivantes. L’arsenic et le mercure sont les seuls métaux qui peuvent avoir un risque écologique potentiel. Ainsi, sauf l’arsenic, les autres métaux ont enregistré des concentrations élevées dans la baie d’Alger qu’en baie de Bou-Ismail. La valeur moyenne de l'RI des onze métaux traces dans la baie d’Alger montre à quel point le risque global est sévère (RI = 306).