Etude de la pénétration du carbone anthropique dans le bassin algérien
Depuis la révolution industrielle (milieu du 19ème siècle), avec l'utilisation massive des combustibles fossiles (charbon, gaz, pétrole), la destruction des forêts tropicales et les feux de brousses qui ravagent la savane, la quantité de dioxyde de carbone (CCh) présent dans l'atmosphère n'a cessé d'augmenter. Pour l'année 2013, près de 36,1 giga tonne de carbone ont été libérées dans l'atmosphère par les combustibles fossiles soit 61% plus qu'en 1990. La pression partielle de CCh dans l'atmosphère est passée de 280 ppm au début de l'ère industrielle à 397 ppm de nos jours (Global Carbon Project, 2014).
Il est reconnu depuis longtemps que les océans représentent un puits de dioxyde de carbone pour l'atmosphère, absorbant environ 30-40% du carbone anthropique rejeté dans l'atmosphère. Cependant, on connaît peu le rôle des mers marginales (comme la mer Méditerranée) dans le cycle global de carbone. Il a été également démontré que la pénétration du carbone anthropique dans la mer entraîne l'acidification des océans en surface, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques pour les écosystèmes marins.
Dans ce contexte général, la mer Méditerranée est une région intéressante pour étudier les effets du changement climatique sur l'océan. La circulation générale dans la mer Méditerranée est l'une des trois zones de formation d'eau profonde et intermédiaire, qui contribuent à la pénétration du carbone anthropique. Le renouvellement des masses d'eau de la mer méditerranée est plus rapide que celle de l'océan mondial (environ 100 ans), ce qui implique une réponse rapide à la variabilité et au changement climatique (BETHOUX et al., 1999).
Dans le présent travail, on s'est intéressé à l'étude de la pénétration du carbone anthropique dans le bassin Algérien afin d'apporter une contribution dans l'étude du cycle de carbone dans cette zone où peu de travaux sont réalisés.
Le but de ce travail est de :
Comparer les méthodes d'évaluation du carbone anthropique ;
Evaluer la séquestration du carbone anthropique et suivre son évolution depuis les années cinquante dans le bassin Algérien ;
Mettre en évidence d'éventuels changements dus au changement climatique sur le système des carbonates et surtout le pH.
Pour se faire, le manuscrit est organisé de la sorte :
Le premier chapitre est réservé aux généralités où seront détaillés : le cycle de carbone, système des carbonates, acidification des océans et le carbone anthropique ainsi que l'oxygène dissous dans l'eau de mer. Le deuxième chapitre est réservé à la présentation du bassin Algérien. Dans le troisième chapitre seront présentées les données et les méthodes utilisées. Et enfin le dernier chapitre sera consacré aux résultats et discussions.